
Si un robot livre votre repas, qui vous dira bonjour ?
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Article rédigé le 23 octobre 2026. Le sujet évolue vite : certaines informations ont pu changer depuis.
Imaginez la boulangerie de votre quartier.
Chaque matin, la boulangère vous dit bonjour. Elle connaît votre prénom. Elle sait que vous aimez la baguette bien cuite.
Un jour, une machine fait le pain à sa place. Un petit robot vous l'apporte jusqu'à votre porte. Le pain est bon, il arrive plus vite, et il coûte peut-être moins cher.
Mais la boulangère n'est plus là. Personne ne vous dit bonjour. Et elle, que fait-elle maintenant ?
La machine n'est ni gentille ni méchante. Elle peut éviter à quelqu'un de se brûler au four à 4 heures du matin. Elle peut aussi effacer un visage de votre journée.
C'est exactement ce qui se prépare dans la restauration rapide et la livraison de repas. Des robots livrent déjà des commandes dans certaines villes américaines, des drones commencent à voler, et l'intelligence artificielle prend les commandes au drive. Aux États-Unis, environ 3,7 millions de personnes travaillent dans la restauration rapide et au comptoir : l'équivalent d'une très grande ville.
Vous ne croiserez peut-être pas ces robots demain dans votre rue. Mais les entreprises construisent déjà le système pour les y envoyer.
La bonne nouvelle : rien n'oblige à choisir entre la machine et l'humain. La machine peut prendre le pénible, l'humain garder le lien. Encore faut-il le décider.
Alors, une question simple : si un robot livre votre repas, qui vous dira bonjour ?
Pour ceux qui veulent comprendre en détail, voici ce qui se passe.
La vidéo : un robot livreur devant la porte
Vidéo partagée sur LinkedIn par Massimiliano Leli (texte en italien), qui cite le compte Instagram @moh_in_shenzhen. On y voit, de nuit, un robot de livraison rouge aux couleurs de DoorDash remettre une commande à une cliente. Le lieu et la date du tournage ne sont pas précisés.
Ce qui se passe, simplement
Les robots sur le trottoir. DoorDash est l'une des grandes plateformes américaines de livraison de repas. Fin septembre 2025, elle a présenté Dot, un robot de livraison autonome, c'est-à-dire capable de rouler seul, sans conducteur. Selon CBS News, il mesure environ 1,50 mètre, roule jusqu'à environ 32 km/h et transporte jusqu'à 13 kilos de marchandises. Il circule sur les routes, les pistes cyclables et les trottoirs. Il a d'abord été testé dans la région de Phoenix, en Arizona.
Les drones dans le ciel. Le 30 septembre 2026, DoorDash a présenté son propre drone de livraison, DoorDash Air, testé dans le nord de la Californie avec des chaînes comme Chipotle et Popeyes. L'entreprise affirme qu'environ 80 % des commandes de restaurant sont assez légères pour voler, et que les premiers essais livrent en moins de cinq minutes en moyenne. Ce sont ses propres chiffres, pas encore vérifiés de façon indépendante.

L'IA au drive. Selon Fortune, McDonald's et Wendy's utilisent des assistants d'IA pour prendre les commandes au drive. Fortune évoque aussi des robots de cuisine comme Flippy, conçus pour retourner les steaks. Et derrière tout cela, des logiciels d'IA calculent les tournées, prévoient la demande et répartissent les commandes : chez DoorDash, c'est un algorithme qui décide si votre repas partira avec un livreur, un robot ou un drone.
Intelligence artificielle et éthique : le travail n'est pas qu'une ligne de coût
DoorDash assure que les livreurs humains continueront de faire la majorité des livraisons, et que les robots les libéreront pour les commandes qui demandent du jugement et de l'attention. C'est possible. Mais ces métiers sont souvent la porte d'entrée dans le monde du travail : un premier emploi, un complément de revenu, une chance pour ceux qui n'ont pas de diplôme.
Trois questions à se poser :
- Qui perd son travail, et qui l'accompagne ? Automatiser une tâche, c'est aussi décider de ce que deviennent les personnes qui la faisaient. Les former, les déplacer, ou les laisser partir.
- Qui garde le lien ? Un repas livré, c'est aussi un sourire, un mot, une présence. Pour une personne âgée ou isolée, c'est parfois la seule visite de la journée.
- Qui décide ? Quand un algorithme choisit entre un humain et une machine pour chaque commande, sur quels critères le fait-il ? La rapidité ? Le coût ? La sécurité ?

Les clients, eux, semblent avoir un avis. Selon une étude du cabinet Metrigy citée par Fortune, environ 8 consommateurs sur 10 préfèrent encore un humain à un agent d'IA pour passer commande. Comme nous l'avons vu avec les petits robots de Nvidia, la technique avance plus vite que notre réflexion sur ce que nous voulons vraiment.
L'espérance : automatiser le pénible, pas la relation
Rien n'est écrit d'avance. Les mêmes outils peuvent servir deux projets très différents. Le premier remplace des personnes pour gagner quelques minutes et quelques centimes. Le second confie aux machines les tâches dangereuses, répétitives ou épuisantes, et rend aux personnes le temps de la relation, du conseil, de l'attention.
Le choix ne se fait pas dans un laboratoire. Il se fait dans chaque entreprise, chaque restaurant, et aussi dans nos habitudes de clients.
Mon conseil : si vous dirigez une équipe, automatisez d'abord le pénible : les tâches répétitives, dangereuses ou de nuit. Formez vos collaborateurs avant d'automatiser, pas après, pour qu'ils pilotent les machines au lieu d'être remplacés par elles. Et gardez un humain là où la relation compte : l'accueil, le conseil, la réclamation. Comme client, remerciez la personne qui vous livre, et quand c'est important, demandez à parler à quelqu'un.

Allons-nous vraiment construire une tour de Babel ?
En lançant allelu.ai, j'écrivais que la vraie question n'est pas de savoir si nous devons utiliser l'intelligence artificielle, mais au service de quoi nous voulons la mettre. Les robots livreurs en sont un exemple très concret.
La tour de Babel, ce serait une livraison toujours plus rapide, toujours moins chère, toujours plus automatique, jusqu'à oublier les personnes qui préparaient, livraient et accueillaient. Une tour bâtie sur la performance, où plus personne ne se dit bonjour.
La cité, ce serait des machines qui portent les charges lourdes, roulent la nuit sous la pluie, et laissent aux humains ce qu'eux seuls savent faire : reconnaître un visage, rassurer, prendre soin.
Pour l'instant, rien n'est joué. Ces robots ne sont qu'au début de leur route. C'est précisément maintenant que nous pouvons choisir. L'IA est une révolution. L'humanité reste notre responsabilité.
Et vous ?
Accepteriez-vous d'être livré par un robot ? Et dans votre métier, qu'est-ce que vous confieriez volontiers à une machine, et qu'est-ce que vous ne lui laisseriez jamais ?
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Cette course à la vitesse et à l'abondance, au risque d'oublier l'essentiel, est au cœur de mon livre L'abondance tuera.
Reynald Naulleau est l'auteur de L'abondance tuera et le fondateur d'Allelu IA (allelu.ai), un espace pour comprendre l'intelligence artificielle et l'éthique, sans jargon.
Sources
- Massimiliano Leli, publication LinkedIn avec la vidéo (en italien) : voir la publication
- CBS News, « DoorDash unleashes fleet of delivery bots, called Dots, onto streets of Phoenix », 30 septembre 2025 : lire l'article
- Arizona Technology Council, sur le déploiement de Dot à Tempe et Mesa, octobre 2025 : lire l'article
- DoorDash, « DoorDash Air Unveils Drone Delivery System for Local Businesses », 30 septembre 2026 : lire le communiqué
- Fortune (via Yahoo Finance), sur l'IA au drive et l'étude Metrigy, 30 juillet 2026 : lire l'article
- U.S. Bureau of Labor Statistics, emplois de la restauration en mai 2023 : consulter les données
Rédigé avec l'aide de l'IA, relu et validé par Reynald Naulleau.